Rouler en Mercedes Cabriolet a ce petit quelque-chose d’unique, ou quand la rigueur germanique rencontre la légèreté latine.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire, je ne suis pas le plus grand fan au monde des voitures décapotables. J’ai toujours préféré l’intimité d’un coupé ou le confort d’une berline. Mais quand il s’agit de musarder sur la French Riviera et son sublime arrière-pays entre Nice et Cannes en une superbe journée d’été indien, avec le climat idéal mais sans les touristes, c’est une autre histoire. Et quand de surcroit c’est au volant de la dernière Mercedes Classe E, forcément cela ne se refuse pas. Oui je suis faible parfois.

Un nouveau design tout en fluidité

La nouvelle Classe E Cab est belle, mais du genre VRAIMENT belle. Quelque soit l’angle sous lequel on la regarde, rien ne cloche, tout est harmonieux avec cette petite pointe subtile de sportivité ou d’agressivité venant bousculer un peu le côté BCBG de l’ensemble. Équilibrées et fluides, se lignes sont autant mises en valeur dans les deux coloris que j’ai pu tester, rouge et blanc nacré.,

Avec deux portes, la nouvelle E Cabriolet passe d’une architecture de Classe C à une version partagée avec la berline Classe E. Le nouveau cabriolet E est 12,7 centimètres plus long et 7,3 pouces plus large que le modèle précédent, avec un empattement également augmenté de 11,3 cm, ce qui crée plus d’espace pour les passagers. Le résultat le plus probant de cette augmentation est une banquette arrière véritablement utilisable. Quatre adultes de taille moyenne peuvent coexister dans le Classe E Cab, à condition que le toit soit ouvert et que le voyage soit d’une durée raisonnable. Les deux sièges arrière peuvent même avoir des coussins chauffants, ce qui est assez rare, y compris dans une berline luxueuse à quatre portes.

De fait, La Classe E Cabriolet propose toutes les innovations intelligentes de la Classe E Berline, telles que le combiné d’instruments Widescreen, les touches de commande Touch Control au volant, l’intégration smartphones complète, le Pack d’Assistance à la conduite PLUS, l’assistant de stationnement à distance, la communication Car-to-X, la suspension pneumatique AIR BODY CONTROL ainsi que les projecteurs MULTIBEAM à LED.

Des performances… suffisantes

Ce tout nouveau membre de la famille Classe E partage la plupart de ses entrailles avec le tout nouveau coupé Classe E, y compris son V6 biturbo de 329 chevaux et son couple de 354 Nm. Le moteur est jumelé à la boîte automatique Mercedes-Benz à neuf vitesses 9G-TRONIC.et, comme dans le cas du coupé, peut être équipé d’une traction intégrale 4MATIC. Le V6 biturbo fait le job sans ostentation. Discret et onctueux, il propose des performances honnêtes sans être un foudre de guerre, mais cela colle bien finalement à la philosophie générale de la voiture, une sportive du dimanche plutôt qu’une athlète de haut vol. Une option plus puissante – disons une variante AMG – serait la bienvenue, mais aucune n’est actuellement proposée.

La E400 4MATIC cabriolet à traction intégrale que j’ai conduite est une voiture agréable, reposante et rassurante. A l’aise sur l’autoroute et sur les départementales, elle préfère quand même enrouler tranquille dans les grandes courbes qu’être un peu bousculée dans les épingles, même si à ce petit jeu elle s’en sort mieux que ce que son gabarit pourrait laisser penser. La direction est précise, mais elle fournit peu de retours sur la route. La boite robotisée à 9 vitesses avec palettes au volant est précise et les montées de rapports sont rapides, notamment en mode Sport+, mais elle manque parfois un peu de réactivité dans les situations plus tendues et on retrouve à certaines occasions ce flottement qui semble indiquer que la transmission est un peu dépassée par les évènements et se demande quel rapport choisir.

Les suspensions à ressorts hélicoïdaux et les amortisseurs adaptatifs du coupé E400 sont les mêmes que ceux du coupé E400, mais ils sont offerts de série dans la décapotable. Les modes Eco, Sport, Sport+ et Individuel permettent au conducteur de contrôler la fermeté du roulement, la programmation de la transmission et la réponse des gaz. Nous avons conduit un véhicule équipé d’une suspension à ressort pneumatique en option, ce qui ajoute également un réglage Confort.

Un confort de grande berline

Le mode Confort est parfait pour les déplacements en ville, avec une isolation des irrégularités de la route qui transforment l’auto en sorte de tapis volant. La Classe E est livrée de série avec des roues de 18 pouces, ou en option avec des roues de 19 pouces. Quoi qu’il en soit, le roulement est soyeux et suave. Le mode Sport active un renforcement des coussinets latéraux du siège pour limiter les mouvements du corps.

Les nombreuses similitudes avec le coupé Classe E n’empêchent pas le cabriolet d’offrir ses propres caractéristiques. Parmi elles le pare-brise avec Aircap, à partir duquel s’élève un déflecteur de vent pour réduire le frottement de l’air. Comme c’est souvent le cas dans les cabriolets, Mercedes a aussi renforcé l’avant et le plancher pour éviter les torsions de la carrosserie, et ses ingénieurs acousticiens ont parfaitement travaillé avec le toit multicouche en tissu pliable à commande électrique. Petite anecdote personnelle : une fois la capote fermée, je me sentais tellement confort que j’oubliais que je roulais à bord d’un cabriolet, et j’ai cherché à plusieurs reprises l’interrupteur de toit ouvrant. D’ailleurs, lorsque la capote est fermée, la Classe E Cabriolet arbore une silhouette proche de celle du coupé Bref, une fois le toit sur la tête, impossible de faire la différence avec un coupé ou une berline, que ce soit dans la qualité du ciel de toit que dans l’isolation acoustique ou thermique. Et puis il y a le joyau de la technologie décapotable de Mercedes-Benz : Airscarf. Cette « écharpe d’air » souffle de l’air chaud sur votre nuque par des évents intégrés dans les appuie-têtes avant, permettant à ceux qui vivent dans des climats froids de prolonger la saison décapotable jusqu’ à la fin de l’automne.

Technologie embarquée et connectivité

Cette nouvelle Classe E peut être équipée d’une telle technologie et de tant de caractéristiques luxueuses que les non-initiés pourraient la prendre pour une Classe S. Les sièges sont enveloppés de cuir thermo-réfléchissant en standard, tandis que le cuir nappa est disponible. Deux des différentes garnitures intérieures disponibles sont en bois naturel. L’éclairage ambiant réglable de 64 nuances et un système d’aromathérapie et des sièges de massants sont également disponibles. Un ensemble de technologies optionnelles de sécurité active permet à la Classe E de naviguer de façon autonome pendant de brèves périodes, disons une minute ou deux, avant que la voiture vous rappelle à l’ordre et vous demande de reprendre la main, en la mettant sur le volant.

Parmi les options, les deux écrans 12,3ʼʼ (31,2 cm, résolution : 1920 x 720 pixels) à haute résolution, lʼun des points forts de la nouvelle Classe E Cabriolet, se fondent sous un seul verre de protection pour former un combiné d’instruments Widescreen. Le conducteur peut choisir lui-même entre trois styles différents pour les instruments virtuels du combiné d’instruments : « Classic », « Sport » et « Progressive ». Le modèle d’entrée de  gamme associe deux instruments ronds et un visuel couleur combiné de 7ʼʼ (17,8 cm, résolution : 1000 x 600 pixels) avec un visuel central de 8,4ʼʼ (21,3 cm, résolution : 960 x 540 pixels). Les instruments ronds, le combiné d’instruments et le visuel central sont implantés dans un cadre en finition laque noire brillante.

Mes modèles d’essai étaient des versions « full specs », avec notamment une connexion à internet et le duo Apple CarPlay et Android Auto. Malheureusement, comme dans toutes les voitures équipées d’Apple CarPlay, l’intégration de ce dernier est mauvaise, venant s’ajouter dans le système d’info-divertissement comme une couche à part, et non se fondre dans celui-ci, avec pour seul effet de transformer l’ensemble en usine à gaz. La faute à Apple et son système fermé, pas à Mercedes ni aux autres constructeurs. Voir ce que je disais aussi à ce sujet lors de mon essai de l’Audi A5 Cabriolet.

La nouvelle Classe E Cabriolet peut être équipée en option dʼun affichage tête haute. Comme dans un jet privé, ce dernier fait apparaître les informations essentielles sur le pare-brise, directement dans le champ de vision du conducteur. Le système affiche la vitesse, les limitations de vitesse, les consignes de navigation ainsi que les messages d’avertissement de DISTRONIC.

En conclusion

Quand on parle de cabriolet on pense généralement à une petite voiture légère et agile pour se balader l’été dans le sud entre le café et la plage. Avec la nouvelle Classe E Cab, Mercedes fait voler ce cliché en éclats de par la stature de l’engin, son confort à toute épreuve et l’ensemble des dispositifs qui permettent de rouler à ciel ouvert des prémices du printemps aux derniers frimas de l’hiver. C’est beau, c’est confortable et ça donne envie d’aller du café à la plage, mais aussi de Lille à Nice. Easy.

J’aime bien

  • La ligne
  • Le confort
  • Le design intérieur et les matériaux
  • Les équipements et la technologie

J’aime moins

  • La transmission aux réactions parfois bizarres
  • Une certaine lourdeur du train avant dans les courbes serrées

La nouvelle Mercedes Classe E est disponible en 5 versions, E 220 d, E 350 d 4MATIC, E 200, E 300 et E 400 4MATIC, tarifs hors options de 61.400 à 75.700 euros.