Moteurs by Presse-citron

(essai) La nouvelle BMW X1 prend de la hauteur

Difficile de faire sa place dans une gamme déjà bien fournie et chapeautée par de prestigieuses aînées. Et pourtant la BMW X1, qui offre une porte d’entrée vers la gamme « X » désignant les 4X4 et SUV de la firme bavaroise, a su s’imposer en devenant rapidement l’un des best-sellers de la marque.

Il faut dire qu’elle est plutôt sympa la X1, déjà dans va version précédente, qui propose un bon mix entre qualité premium et look baroudeur (des villes) qui le distingue de son frangin le Série 2 Active Tourer tout en offrant confort et habitabilité sans pour autant afficher l’encombrement, les tarifs, voire pour certains, l’arrogance ostentatoire d’un X5 ou d’un X6. Bref, le charme discret de la petite bourgeoisie.

BMW présentait à la presse la semaine dernière la nouvelle version restylée du BMW X1, et nous avons pu parcourir quelques centaines de kilomètres à son bord à travers les superbes routes et paysages ensoleillés du Sud-Ouest, entre Toulouse, Cahors et Fumel.

Parmi toute la gamme proposée aux essais, j’ai opté pour modèle situé en haut de la hiérarchie, à savoir le BMW X1 xDrive25i de 231 chevaux, équipé d’une boite de vitesse automatique séquentielle à 8 rapports, dont les prix varient de 42.700 à 48.850 euros selon la version choisie (hors options optionnelles). Chaque modèle de la gamme est disponible en quatre versions : Lounge, Sport, xLine et M Sport, correspondant à des degrés de finition et d’équipements différents. Je bénéficiais pour ce test de la version la mieux équipée, dotée donc du même moteur que celui que j’avais déjà pu découvrir à bord de la Mini John Cooper Works, à savoir un 4 cylindres 2 litres bi-turbo développant 231 chevaux.

Rappelons que le BMW X1 se situe sur le segment « SUV Compact », une catégorie en pleine expansion dans laquelle on retrouve déjà beaucoup de monde, comme par exemple l’Audi Q3, le Mercedes GLA et bientôt un outsider nommé Infiniti QX30, dérivé du Q30, entre autres.

Présentation générale, design

Quand on découvre le nouveau X1, la première remarque qui vient à l’esprit est qu’il est… gros. De fait, ce lifting lui confère une apparence extérieure plus massive, et une ligne qui le rapproche davantage d’un X5. Et pourtant dans les faits ce n’est pas totalement vrai., et c’est là que les designers de chez BMW ont bien travaillé : si le X1 est effectivement plus large de 23 mm et plus haut de 53 mm que son prédécesseur, il est en revanche plus court de 15 mm. Ce qui nous donne une hauteur de 1,598 m, une largeur de 1,821 et une longueur de 4,439 m. La ligne a été entièrement revue et renvoie l’image d’une voiture de segment supérieur, incontestablement. Si je n’étais pas fan de la version précédente, je dois avouer que ce nouveau X1 a vraiment de la gueule, gagnant en dynamique avec des lignes plus tendues tout en offrant une garde au toit rehaussée, avec une assise des sièges avant gagnant elle aussi 36 mm en hauteur.

Alors que le profil conserve les nervures caractéristiques de la marque, la face avant est devenue plus imposante, avec notamment les grilles de calandre qui prennent aussi de la hauteur.

La planche de bord a elle aussi été complètement redessinée dans le style épuré qui est la tendance aujourd’hui et qui prévaut également chez BM. Au-dessus de la nouvelle console centrale offrant plusieurs espaces de rangement, trône le un grand écran en mode « paysage » de 6,5 pouces de diagonale regroupant l’ensemble des fonctionnalités d’info-divertissement et de navigation. Un écran un peu riquiqui par rapport à ce que l’on a l’habitude de voir désormais chez la concurrence (de 7 à 8 pouces le plus souvent) mais avec une très bonne définition/résolution, ce qui finalement rend son utilisation très agréable.

En un mot, le nouveau X1 est réussi du point de vue design, même si j’ai toujours trouvé les intérieurs BM un peu trop austères et rectilignes à mon goût. Je ne suis pas fan non plus du design trapézoïdal de l’écran qui surgit de la planche de bord sans grande cohérence graphique, comme si on avait planté là une tablette oubliée au moment de la conception de la voiture.

Prise en main

Deux choses m’ont sauté aux yeux et aux oreilles en prenant place au poste conducteur du X1 : l’espace intérieur et l’incroyable qualité du son produit par l’équipement audio. Côté espace intérieur, BMW a fait des prouesses en rendant plus spacieuse une voiture plus courte. Cela se voit notamment avec la garde au toit plus importante, mais également côté passagers arrière, puisque l’espace pour les jambes entre les dossiers avant et la banquette arrière (coulissante en trois parties) gagne 6,6 cm, alors que le tunnel de transmission est rabaissé de 6 cm, ce qui profitera principalement au passager central.

La modularité est également exemplaire : le coffre gagne 20% en volume utile pour atteindre 505 L et 1550 L en mode « break » avec les banquettes arrière rabattues (électriquement). Pour compléter le tableau pratique, sachez que le dossier du siège passager avant se rabat aussi intégralement à l’horizontale, et que les tablettes « aviation » intégrées dans les dossiers des sièges avant sont réglables en hauteur.

Le haillon arrière quant à lui s’ouvre électriquement (à partir de la version Sport) et bénéficie de la fonctionnalité Smart Opener qui permet de l’ouvrir en passant le pied sous l’arrière de la voiture (et pas en mettant un grand coup de latte dans le haillon hein) si vous avez les bras fortement occupés par votre smartphone ou votre petit dernier, ou les deux, parce-que même si on assure la descendance le business continue, quoi.

Confort, vie à bord

Si la voiture est spacieuse, ce qui participe évidemment à l’impression de confort général, je dois dire que j’ai eu un peu de mal à trouver la position de conduite idéale. Certes on est bien calé dans les superbes sièges tout cuir surpiqué couleur sable à multiples réglages électriques et lombaires, mais je ne me suis jamais senti complètement à l’aise et « confort » au volant de la X1. Vous savez, cette sensation d’être empoté, de ne pas sentir la voiture parce-qu’on est mal assis à son volant.

N’étant pas non plus familier des commandes et de l’ergonomie générale de la voiture, j’ai un peu bataillé au début avec les boutons situés autour de la molette de commande de la console centrale car je les trouve mal situées et pour ainsi dire cachés. Mes collègues m’ont expliqué que c’était juste une question d’acclimatation et que très rapidement on trouvait ses marques, ce qui permettait d’intervenir sur les commandes sans jamais quitter la route des yeux, ce qui est l’essentiel au volant. Mais dans ce cas il faut soit être un habitué de BMW, soit prendre le temps d’apprendre et mémoriser la disposition des différents boutons, ce qui se fait rarement dans le cas d’un essai presse souvent mené tambour battant, où vous découvrez la voiture en même temps que vous la conduisez au prochain stop GPS pour éviter de mettre tous vos collègues en retard pour l’étape suivante.

Même remarque pour les commodos de vitres et rétroviseurs électriques, dont l’accès est partiellement masqué par le retour de la poignée d’accoudoir de portière, ce qui nécessite une petite gymnastique de contorsion du bras gauche pour y accéder. Je vous parle de mémoire mais il est sûr que quelque-chose m’a gêné.

D’une façon générale, je n’ai pas trouvé l’ergonomie idéale dans cette auto, et malgré une présentation d’ensemble épurée (trop ?), j’avais parfois un peu un sentiment de fouillis. Je me suis surpris plusieurs fois à chercher mes marques y compris pour des gestes normalement banals, comme régler ou orienter le flux de ventilation, trouver l’affichage de température extérieure, ou encore revenir à ma playlist Spotify diffusée via BlueTooth sur la sono de la voiture quand j’étais passé en mode GPS.

Question d’habitude encore une fois probablement, mais j’ai connu des voitures plus « évidentes » au premier contact.

Je vous parlais plus haut de la qualité acoustique de la sono. Parmi toutes les voitures que j’ai eu l’occasion et la chance de conduire, je ne me souviens pas avoir connu une telle qualité audio, y compris dans des modèles coûtant trois fois le prix de ce X1 et pourtant équipés de sonos aux noms qui claquent comme Böse, Harman Kardon ou encore Bowers & Wilkins. Quand j’ai allumé le son pour la première fois, alors que le tuner était pourtant seulement réglé sur France Inter, un frisson m’a parcouru tant j’ai eu l’impression que j’étais au milieu du studio de Radio-France avec les animateurs autour de moi. Alors quand il s’est agi de balancer du bon gros son HD 320 kbit/s de mes playlists Spotify, je peux vous assurer que j’ai eu un aperçu de ce que pouvait être le Nirvana sur Terre. Comme la sono ne porte aucune signature particulière, on peut saluer le travail des acousticiens maison de BMW, mais il est également fort possible que ce rendu sonore soit directement lié à l’architecture même de la voiture, et aux matériaux et textures intérieurs. BMW n’a pas seulement fabriqué un SUV, il a aussi fabriqué un auditorium.

Le système d’info-divertissement offre les fonctions que l’on connait généralement sur ce type de véhicule, GPS inclus. Un mot sur ce dernier : j’ai été surpris par sa précision, la fluidité d’affichage, et sa réactivité, qui le classent aussi dans ce que j’ai connu de meilleur dans le monde parfois très disparate, pour ne pas dire exaspérant, de la navigation intégrée automobile. La précision absolue se constate à chaque instant dans le guidage, mais le plus bluffant est la transparence et l’instantanéité avec lesquelles le GPS recalcule immédiatement un itinéraire si vous vous êtes trompé, par exemple sur un rond-point : vous n’aurez même pas eu le temps de réaliser que vous n’avez pas pris la bonne sortie que le guidage affichera déjà le meilleur chemin pour retrouver votre route. Ajoutez à cela une voix (féminine dans mon cas, mais cela doit sûrement pourvoir être modifié dans les réglages) au rendu d’un naturel confondant, et vous avez un dispositif qui renvoie nombre de ses (coûteux) concurrents au rang de sympathiques antiquités. Quand j’ai demandé aux équipes BM pourquoi la marque n’avait pas encore intégré Apple CarPlay ou Android Auto, la réponse est peut-être là : « pas besoin ». Vu la qualité de la prestation, on aurait presque tendance à approuver, et on sait de quoi on parle : le GPS qui déconne toujours à un moment ou un autre d’un roadtrip de presse, provoquant retards et égarements divers, est l’un des gags récurrents les plus connus des journalistes auto, quelque soit le prix, la marque ou le standing du modèle essayé.

Pour le reste, la voiture est dotée d’une connectivité 3G permanente permettant de mettre à jour la navigation en temps réel, et offrant de nombreuses autres possibilités : connexion à internet (et surf dans le navigateur spécial intégré à l’écran), appel automatique des secours en cas d’accident. Il faut noter à ce sujet que les appels sont centralisés vers une hotline BMW qui se charge du dispatching auprès des services de secours locaux, ce qui évite engorgements et appels injustifiés.

Un dernier mot sur la vie à bord : l’assise en hauteur (non seulement par rapport à la route mais aussi par rapport à la ligne de caisse de la voiture) procure une excellente visibilité, autant frontale que périphérique, et le grand pare-brise participe beaucoup de ce confort visuel.

Qualités dynamiques, châssis

Le modèle essayé était donc doté d’une transmission intégrale. Il est à noter que BMW a fait récemment sa petite révolution culturelle en sortant ds modèles à traction avant, alors que la propulsion est inscrite depuis la nuit des temps dans l’ADN de la marque. Autre temps, autres mœurs, autres clientèles-cibles, autres usages… Plus étonnant : le X1, qui était à l’origine une propulsion (ou en option, un 4×4) devient une traction avec cette nouvelle version (ou en option, un 4×4). Question de coûts, mais aussi de place : pour gagner en espace utile dans le coffre, rien de tel qu’une bonne vieille traction des familles, ce qui permet de supprimer arbre de transmission et différentiel arrière.

Le comportement routier est sain, la voiture guide bien malgré une direction que je trouve un peu dure et les virages s’enchaînent à bon rythme sans surprise particulière, même si le roulis se fait parfois un peu sentir. Le freinage est mordant et efficace.

Côté performances, j’ai en revanche été déçu par le moteur, que j’avais connu beaucoup plus joyeux et pêchu sur le Mini John Cooper Works. Bon ça envoie gentiment du pâté mais les reprises sont mollassonnes et le son, pardon le bruit du moteur, quelconque, voire désagréable. Attention, la voiture est silencieuse, très, mais quand vous montez un peu dans les tours en mode sport manuel et en jouant avec les palettes de sélection de vitesses, il ne se passe pas grand chose. Les sensations son quasi inexistantes et le moteur ne chante pas sa joie de vivre comme c’était le cas sur l’intenable Mini.

Bon ok ce n’est pas la même voiture, pas le même poids, pas le même châssis, et ça ne vise pas la même clientèle, mais quand même, ce X1, même dans sa version la mieux dotée, est quand même assez fade et avare en sensations. Petit détail : contrairement à la mini, la boite n’envoie pas le petit coup de gaz automatique qui simule le talon-pointe au rétrogradage. C’est important, le petit coup de gaz, ça vous pose une auto et ça montre aux suiveurs qui c’est Raoul. C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup.

En conclusion

Avec cette nouvelle version, le BMW X1 devient un vrai… SUV. Tout d’abord en renonçant au mode propulsion et en proposant des versions « traction only », mais aussi en travaillant sa modularité et son espace intérieur. On sent une volonté forte de définitivement séduire les familles en venant élégamment fouler les plate-bandes des monospaces, définitivement moins sexy que cette élégante bavaroise. La ligne gagne en caractère et en homogénéité, tout en conservant l’inaltérable style BMW, avec des finitions irréprochables et une ambiance premium dont la marque est l’une des dépositaires historiques.

Modèle essayé :

J’aime

J’aime moins

Quelques photos officielles BMW (mais les miennes sont mieux hein) 🙂