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Mini John Cooper Works : un kart (connecté) de 231 chevaux

MINIRacingDays_56Vous aimez le karting et les voitures connectées ? Plus besoin de faire le grand écart entre votre berline de tous les jours et votre petite machine de circuit : voici la Mini John Cooper Works, déclinaison la plus sportive et donc la plus pêchue de la célèbre et mythique Mini.

Les équipes Mini organisaient le week-end dernier un évènement Mini Racing Days autour de la marque dans le sud de la France, avec une journée de roulage dans l’arrière-pays marseillais suivie d’une journée d’essais et de pilotage pied dedans sur le sublime circuit du Castellet.


Nous avons donc pu tester toute la gamme Mini grandeur nature, et quand on parle de gamme ce n’est pas pour faire genre, tant celle-ci s’est étoffée au fil des années et à la faveur du récent renouvellement puisqu’elle compte désormais pas moins de huit modèles déclinés chacun en de nombreuses versions, ce qui doit nous faire pas loin de cinquante possibilités différentes au bas mot de trouver Mini à son pied.

Je ne les ai pas toutes essayées, mais entre la Cooper S, le Countryman, la Cooper 5 portes et surtout la bombinette John Cooper Works, objet de notre déplacement sur circuit, j’ai quand même eu le temps de me familiariser avec quelques versions, de la plus pépère/famille à la plus énergique.

Une Mini devenue grande (ou la citadine devenue routière)

Je n’avais jamais mis les pieds à bord d’une Mini avant cette escapade, et c’est donc le point de vue d’un total newbie dans la marque que je vous livre ici. Première impression, à bord d’une Cooper 5 portes : c’est beaucoup plus confortable que je ne l’imaginais. Pourquoi ? Parce-que je ne cessais d’entendre que les Mini c’était sympa mais horriblement tape-cul et bruyant. Il semblerait que les nouvelles versions aient largement corrigé ces petits défauts de jeunesse, ce que me confirmera Vincent Salimon, patron de Mini France, avec qui j’ai eu le privilège de faire quelques kilomètres et donc de papoter un peu : l’insonorisation et l’amortissement des derniers modèles ont été grandement améliorés, et la Mini peut maintenant prétendre à obtenir ses galons de bonne routière confortable prête à avaler des kilomètres, et ne plus être limitée à un statut de petite citadine branchée. Deuxième impression : il y a de la place, notamment dans le Countryman, qui n’a plus de Mini que le nom puisque ce SUV 5 portes à quatre roues motrices pourrait presque chasser sur les terres d’un Audi Q3, avec toutefois des dimensions un peu plus modestes.

Mais ce qui nous intéressait le plus dans ce raid en pays provençal, c’était donc la nouvelle déclinaison John Cooper Works. Petite précision : en plus d’être un modèle à part entière, la version John Cooper Works concerne toute la gamme puisque chaque modèle possède sa version JCW, qui est bien sûr la plus puissante, la plus sportive, la mieux équipée en dotation de base… et bien sûr la plus chère.

Taillée pour le circuit… avec le confort en prime

Sur le circuit du Castellet, nous avons donc pu nous familiariser avec THE Mini JCW dans sa livrée la plus connue et la plus sexy, à savoir rouge vif, qui captait particulièrement bien la lumière unique et merveilleuse de la région. Quoi de mieux qu’un circuit qui en ses meilleures années accueillait l’épreuve française du Championnat du Monde de F1 pour tester une voiture sportive dans des conditions optimales de performance et de sécurité ? Inutile de dire que nous ne nous sommes pas privés de taper dans le moteur, les freins et le reste afin de savoir ce que la JCW avait réellement dans le ventre, avec quelques passages tutoyant les 200 km/h dans l’impressionnante courbe de Signes.

Bilan : les 231 chevaux sont bien tous là, présents à l’appel, bien en ordre (normal, rigueur germanique oblige, puisque Mini appartient à BMW) et n’attendent que votre ordre pour faire rugir le moteur, un bon quatre cylindres turbo de deux litres de cylindrée qui prend des tours avec une bonne volonté évidente. Le modèle que j’ai testé était en outre doté d’une boîte de vitesses séquentielle à 7 rapports avec palettes au volant, que j’ai finalement peu utilisées, préférant rester en automatique – très bien étagée – afin de me concentrer sur le pilotage sur ce circuit rapide mais exigeant, avec des passages très techniques et de très gros freinages.

La précision de conduite est excellente, avec un guidage très rigoureux du train avant, ce qui permet une inscription au pixel près dans les courbes et une très bonne réactivité. A haute vitesse on peut faire dériver gentiment l’auto des quatre roues tout en restant dans une marge de sécurité parfaitement rassurante, largement aidée il est vrai par les nombreux dispositifs intelligents d’aide à la conduite. Sur les virages serrés négociés un peu fort, la voiture sous-vire, ce qui n’est pas aberrant pour une traction, mais là encore, un lever de pied pour faire jouer le transfert de masse permet une correction rapide sans réaction trop vive. Un vrai kart, vous dis-je !

Côté freinage, je vous avoue qu’après des sessions de 5 ou 6 tours cela commençait à sentir un peu le brûlé, et la pédale devenait spongieuse, avec parfois la sensation de passer carrément à travers le plancher, notamment sur le très gros freinage de malade mental du bout de ligne droite des stands (vous arrivez genre à 190 et vous avez 50 mètres pour passer à 70 afin de négocier le plus proprement possible une épingle à droite, si vous ne saviez pas ce que signifie « taper dans les freins », maintenant vous savez). Il suffisait alors de faire un ou deux tours lents sans freiner pour faire refroidir le bazar et c’était reparti pour 5 tours rapides.

Ça c’était pour le côté sportif, ce qui nous a permis de constater à quel point le châssis de cette auto est performant, rigide et appelle la conduite sportive avec notamment le positionnement des trains roulants aux extrémités de la caisse, laissant peu de porte-à-faux au-delà des roues.

Intelligemment connectée

Mais un autre bonne surprise a titillé le geek qui est en moi : dans sa configuration la plus complète, la nouvelle Mini est très richement dotée en fonctions connectées, avec quelques astuces et idées très malines que je n’ai pas eu l’occasion de voir dans d’autres voitures, a fortiori sur ce segment. L’interface Mini Connected, que l’on ne s’attend pas à trouver dans un tableau de bord a priori d’abord conçu pour évoquer l’héritage de la marque avec son grand compteur rond central, offre en effet une pléthore de services qu’il serait trop long de décrire ici. Cela étant, outre les essentiels et incontournables services de navigation GPS et autres streaming via BlueTooth de vos playlists musicales, Mini Connected propose également les fonctionnalités suivantes :

Mais l’option la plus surprenante est cette fonctionnalité qui permet d’afficher sur l’écran un retour vidéo de votre… GoPro. Si vous voulez vous filmer ou filmer la route en fixant une GoPro sur la voiture, vous avez ainsi la possibilité de parfaire votre cadrage en vous aidant directement de l’écran comme moniteur, ce qui vous évite d’avoir à sortir et associer votre smartphone. Gadget ? Peut-être, mais un gadget que je n’ai jamais vu ailleurs et qui montre que la marque est bien dans son époque… Sachez également que le système offre une fluidité et une réactivité remarquables, comparables à celles des meilleurs smartphones ou tablettes.

Vous ai-je précisé que tout ce petit monde se pilote à l’aide d’une application dédie disponible sur iOS et Android ?

Vie à bord

Nous l’avons vu plus haut, la voiture est confortable et relativement silencieuse, si ce n’est quelques bruits de roulements probablement dus à la configuration avec roues de 17 pouces et pneus taille basse. La position de conduite peut être réglée sur mesure (hauteur de siège, volant réglable) et s’avère donc très bonne. Les différentes commandes tombent assez logiquement sous la main, bien que l’ergonomie ne soit pas idéale à mon sens, en raison de la disposition des différents commodos, regroupés sous le gros cadran sur la console centrale, vintage oblige. C’est la rançon du style.

Sinon la climatisation fonctionne bien et répartit correctement l’air frais dans l’habitacle, bien que les places arrière ne bénéficient pas de ventilation, et la sono Harman Kardon envoie bien de bonnes basses bien grasses. Dans le modèle 5 portes, on a droit à 4 bonnes places avec un espace correct pour les jambes des passagers arrière.

En conclusion

La Mini John Cooper Works a dépassé le stade de jouet pour passionné aisé et propose une expérience aussi réjouissante que rigoureuse pour tous les amateurs de conduite sportive qui ne dédaignent pas pour autant un certain confort. Avec des accélérations dignes d’une vraie sportive (le 0 à 100 est abattu en 6,3 secondes) et un châssis qui pardonne beaucoup (et qui en redemande) et un moteur aussi vif dans les tours que discret en rythme de croisière, la Mini JCW propose un compromis intéressant qui l’éloigne de la sympathique citadine BCBG pour la transformer en dévoreuse de bitume.

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